Alice Madness Returns, retour au pays des merveilles

Il y a des titres qui vous font réfléchir sur la manière de construire un jeu vidéo. Parce que la progression est bien maîtrisée, parce que le level-design est inspiré, parce que le gameplay est intuitif, bref, parce qu’ils ont des qualités. Puis il y a ceux qui vous font réfléchir sur le jeu vidéo à cause de leurs défauts. Et c’est malheureusement à cette catégorie qu’appartient Alice : Madness Returns.

Au bord de la folie

Commençons avec la plus grande qualité de ce Alice Madness Returns : son ambiance. Tout comme le premier jeu de la série Alice, Madness Returns nous plonge dans un univers sombre et même malsain dans les thèmes abordés par le jeu. Loin d’un pays des merveilles à mettre entre toutes les mains, celui du jeu reflète l’esprit d’Alice. Un esprit brisé par le traumatisme de la mort de ses parents. Mort que nous allons devoir comprendre pour empêcher le pays des merveilles de sombrer plus encore dans la folie et le chaos.

La direction artistique du jeu réussit parfaitement à rendre compte de cette ambiance malsaine et décrépie. Tous les mondes que vous visiterez au long des cinq chapitres du jeu ne sont pas aussi réussis, mais certains se détachent du lot et la plupart ont leur charme, même s’il faut adhérer au choix fait pour la représentation des personnages. Voilà pour les qualités, passons maintenant à ces choses qui plombent le jeu.

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Désillusions techniques

Je ne l’ai pas encore dit, mais Alice Madness Returns est un mélange entre jeu de plateforme et jeu d’action, avec quelques énigmes facultatives ici et là. Alice peut sauter, planer après un saut ou rétrécir pour rendre visible des éléments comme des plateformes invisibles en taille normale. De la plateforme classique qui se voit plombée par des ralentissements et une caméra régulièrement à côté de ses pompes qui rend non seulement l’évaluation des distances délicates (essayez un peu de tomber sur une plateforme invisible quand la caméra tourne en plein saut) mais se permet aussi parfois de ne pas vous montrer l’endroit sur lequel vous devez atterrir (principalement lorsque vous utilisez un jeu de vapeur pour monter sur une plateforme située derrière vous).

 

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On doit d’ailleurs faire le même reproche à l’aspect combat du jeu. Le jeu reprend ainsi les codes classiques du genre en les mettant à la sauce « Pays des Merveilles » (un cheval-bâton en guise de masse à deux mains, une moulin à poivre en guise de sulfateuse, une théière lance-grenade, etc) pour offrir des combats dynamiques grâce à une esquive instantanée très réussie. Et tout comme pour la partie plateforme, c’est du côté de la caméra qu’il faut chercher les soucis, celle-ci se positionnant régulièrement de façon assez approximative alors que vous aimeriez garder un œil sur toute l’arène sans être obligé de locker un adversaire en particulier.

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Le mot de la fin

En lisant ce que j’ai écris jusque là, vous devriez vous dire que le jeu a des défauts mais rien de totalement rébarbatif qui justifie que je ne lui mette que la moyenne. C’est ici que je dois recoller à mon intro. Sans être mauvais dans son concept ou catastrophique dans sa réalisation, Alice Madness Returns souffre d’un défaut que je n’ai pas évoqué jusque là. Il est affreusement répétitif. Alors que le jeu n’est pas excessivement long (comptez 13-14 heures en normal), le jeu n’apportera plus rien de nouveau en terme de mécanismes de jeu passé les 6-7 premières heures. Pire, la manière dont les niveaux eux-même sont construits est identique. Vous croiserez toujours des séquences où il faudra glisser le long d’un toboggan ou le même puzzle qui vous demandera d’abord de récupérer les pièces manquantes. L’espoir aurait pu venir des phases de jeu un peu différentes propres à chaque chapitre mais la qualité est là aussi tellement inégale que pour une phase sympathique (la plate-forme 2D du chapitre 3) on est a une totalement injouable qui plombe encore plus l’envie de continuer (celle avec les têtes de poupées du chapitre 5).

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Un exemple de gameplay alternatif

Bref, Alice Madness Returns n’est pas un mauvais jeu mais plutôt un jeu tellement plombé par ses défauts que ma première réflexion en l’ayant fini a été : le calvaire est enfin terminé sans que je bascule moi-même dans la folie. C’est déjà ça.


5/10


J’ai aimé

  • La patte artistique du jeu
  • Un pays des merveilles glauque et malsain

Je n’ai pas aimé

  • La caméra souvent à côté de ses pompes
  • Les toboggans
  • Hyper-répétitif

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