Jessica Jones, alcool et déception

Je m’appercois cette semaine que je n’avais rien écris sur le Daredevil version télé. Trop tard pour le faire aujourd’hui. A la place, je vais donc vous parler de la seconde adaptation d’une oeuvre Marvel sur Netflix et tenter de vous expliquer pourquoi, malgré ses qualités, j’ai trouvé Jessica Jones moins bonne que Daredevil.

Avant de débuter, je tiens à préciser que je suis bien conscient que les deux séries, si elle partage le même univers, n’ont pas la même approche. Daredevil était une histoire d’origines d’un super-héros, JJ est une histoire de reconstruction d’une femme sur fond de thriller et en abordant des thèmes plus sombres que chez l’homme sans peur.

Du coup, ma comparaison va forcément être injuste à un moment ou un autre, même si je vais tenter de l’éviter au maximum.

aka Jessica Jones

Bien plus que Daredevil, Jessica Jones s’intéresse à la psychologie de ses personnages. Jessica est une femme brisée, hantée par la culpabilité qu’elle ressent pour les actes qu’elle a fait sous le contrôle de Kilgrave. Ça nous donne une héroïne pas forcément sympathique mais dont on peut comprendre les sentiments quand les victimes de Kilgrave vont commencer à s’accumuler autour d’elle.

S’il s’agit là de la principale réussite de la série, elle a aussi le défaut d’imposer un rythme bien trop lent, que le mode de diffusion de Netflix accentue probablement encore. Oui, ces 13 épisodes semblent trop nombreux et un paradoxe apparaît lorsqu’on regarde les personnages secondaires.

aka les autres

Si la personnalité de Jessica est intéressante à développer dans la série, les personnages qui gravitent autour d’elle peinent à avoir le même genre d’intérêt au cours des 13 épisodes, au point que certains finissent par donner l’impression de venir parasiter l’intrigue principale. On est loin de l’évolution d’une Karen Page, par exemple.

Un personnage est à mon sens représentatif de ce problème : Ruben. Voisin timide et amoureux de Jessica, c’est un personnage qui ne doit jamais avoir plus de 30 secondes consécutives de temps de présence à l’écran. Sa mort, si elle aurait pu être intéressante dans l’évolution de Jessica, nous impose surtout d’interminables scènes où la sœur du disparu (qu’on a envie de baffer à vue) cherche son frère.

Simpson et Luke Cage sont eux des symboles d’un autre problème. Les deux sont importants à l’origine car ils représentent des incarnations de la culpabilité liée à Kilgrave. Simpson est une victime directe tandis que Cage est l’illustration de celle de Jessica. Leurs présences sont donc importantes dans le show. Mais un problème apparaît sur la longueur, le rôle de victime de Simpson passe à l’arrière plan et est même remplacé par le petit groupe qui se monte autour de Malcom, autre voisin et autre victime de Kilgrave.

Mais c’est peut-être Luke Cage qui me dérange le plus. On le sait, le personnage aura sa propre série après la seconde saison de Daredevil. Je ne peux m’empêcher de me dire qu’on aurait pu obtenir le même résultat sur la question de la culpabilité de Jessica sans pousser la relation entre eux aussi loin.

Au final, on a un peu le sentiment que tant Cage que Simpson n’ont été présent que pour devenir des obstacles de fin de saison pour l’héroïne. Voir d’une éventuelle seconde saison pour Simpson.

aka Tout le monde n’est pas le Caïd

J’ai beaucoup parlé des personnages secondaires plus tôt, mais mon plus gros regret concernant Jessica Jones concerne son méchant. Soyons clair, je n’ai rien à reprocher à l’interprétation de David Tennant. Mes regrets concernent plutôt son utilisation, et la comparaison avec Fisk est douloureuse.

J’ai trouvé Kilgrave excellent tant qu’il restait dans l’ombre, menace distante et oppressante. Mais dès que le personnage apparaît dans la lumière, cette impression s’estompe et Kilgrave devient un simple sociopathe. Car là où Daredevil avait réussi à donner un semblant d’humanité au Caïd, Jessica Jones ne laisse aucun espoir en ce qui concerne Kilgrave et ne laisse qu’un adversaire aux motivations bien limitées.

Pire encore, la menace que représente Kilgrave me semble mal cernée dans la longueur, comme si la série avait continuellement le cul entre deux chaises. D’une côté, on comprend le traumatisme qu’il laisse sur ses victimes et sa torture psychologique de Jessica. De l’autre, la nature de son pouvoir semble mal définie. Pourquoi l’anesthésie alors qu’il suffit simplement de l’empêcher de parler ou d’être entendu, comme l’illustre l’épisode final ? Et comment prendre réellement au sérieux une menace qui se fait capturer 3 fois en 13 épisodes ?

aka Déception

Vous l’avez compris, Jessica Jones m’a un peu déçu. Non pas que la série soit fondamentalement mauvaise, mais j’ai un peu l’impression qu’elle se perd parfois dans trop d’à côté. Plus problématique, on a aussi l’impression que la série ne sait pas vraiment se positionner entre sa volonté d’être un thriller et les capacités hors normes de ses personnages. Avec comme résultat de voir ceux-ci mal traités au point d’en devenir incohérent. Dommage et du coup, je n’attend pas spécialement une éventuelle seconde saison.

5 réflexions sur “Jessica Jones, alcool et déception

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  2. Personnellement, même si j’ai beaucoup aimé cette série et particulièrement le choix de l’actrice principale (que je n’avais connue qu’en pouffiasse écervelée dans « Don’t trust the Bitch in Apt 23 »), j’ai rencontré le même problème qu’avec Sense8, à savoir un démarrage lent, extrêmement lent. Néanmoins, là où j’ai persévéré dans mon visionnage pour ces deux séries, je ne peux pas en dire autant de Daredevil… Je me suis arrêtée au quatrième épisode, tellement l’absence d’action et de relief me donnaient envie de me tirer une balle.
    Visiblement, les démarrages mous sont une spécialité Netflix…

    Concernant Kilgrave, outre son pseudo ridicule, j’ai eu du mal à accorder un semblant de crédit au personnage en lui-même et à l’acteur qui l’incarne. Je sais bien que la personnalité d’enfant gâté complètement pété du bocal fait partie du lot, mais… WHY ? Sur un épisode, c’est marrant, sur toute une saison, c’est chiant.

    Cela dit, on n’atteint la palme du WTF qui, pour moi, est l’inutilité totale du personnage de Luke Cage. Insipide et insignifiant (alors que le mec est censé être indestructible, c’est quand même con hein), sa relation avec Jessica ne m’a jamais paru sincère ou même crédible deux secondes.

    Pour ce qui est des autres personnages secondaires, Trish me tapait sur le système en début de saison et, au fur et à mesure des épisodes, je trouve que c’est elle qui acquiert le plus de « profondeur ». Quand à Simpson, ce mec est une grosse blague. J’espère que le BIG BOSS de la saison 2, ce sera pas lui parce que sinon, on frôle le ridicule… 😀

    Aimé par 1 personne

    • Eh je ne suis pas aussi sévère avec Kilgrave, je pense qu’ils ont mal utilisé le potentiel du personnage en le rendant physiquement trop présent dans le show. Une menace invisible aurait paradoxalement eu plus de présence que la manière dont il a été montré.

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