J’ai de l’affection pour les français de Spiders. Leur Mars : War Logs n’était pas un jeu inoubliable, mais il avait ce petit quelque chose qui le rendait sympathique. Aujourd’hui, nous allons parler d’un jeu plus ambitieux : Bound by Flame.

A song of ice and fire

Dans mon avis sur Mars, je disais sentir que l’univers du jeu était travaillé. Dans Bound by Flame, c’est exactement le contraire. Le jeu nous propose un monde de fantasy où une armée mort-vivante dirigée par des seigneurs du froid (winter is coming…) balaye toute résistance. Un groupe de mages tente alors de lancer un sort capable de changer le cours de la guerre sous la protection d’un groupe de mercenaires auquel appartient Volkan, le héros. Jeu vidéo oblige, le sort ne fonctionne pas comme prévu et Volkan se retrouve possédé par un démon de feu. C’est moins cool qu’un dragon.

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Ah non monsieur, Shadow of the Colossus, ce n’est pas le même jeu

On prend les mêmes et on recommence

Du côté du gameplay, Bound by Flame reprend les bases de Mars et les adapte à un univers de fantasy. On est donc toujours devant un action-rpg avec un système de ralentissement de l’action quand on affiche un menu d’action et de commandes aux équipiers. La façon d’aborder les combats a toutefois été revue. En plus de l’utilisation de la magie de feu qui lui vient de son hôte indésirable, Volkan peut choisir de se battre avec une arme à deux mains, lente mais qui offre la possibilité de parer ou un style à deux armes, plus rapide et plutôt basé sur l’esquive. Ceci dit, les combats sont assez lents et je regrette que Spider n’ait pas prévu une étape intermédiaire entre les deux styles de combat armés (arme à une main et bouclier par exemple).

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Les zones ne sont pas aussi ouvertes qu’elles voudraient le faire croire

Toujours dans les bases reprises pour ce nouveau jeu, on salue le retour du système de personnalisation de l’équipement. Chaque arme et pièce d’armure possède un ou plusieurs slots d’amélioration. Grâce aux matériaux que l’on ramassera sur le moindre cadavre qui traine, on ajoutera à son arme un bonus de dégâts critiques ou à son armure un bonus de régénération de mana, par exemple. Des modifications qui auront le bon goût d’avoir une influence sur le look de l’équipement.

Allumez le feu !

Dans l’ensemble, la partie action de Bound by Flame fait le job. Elle n’est pas exempte de défauts, mais on passe quand même moins de temps à râler contre le jeu que dans Mars (l’absence de friendly fire y est pour beaucoup). Mais lorsqu’on s’intéresse à la dimension RPG du jeu, les choses se compliquent. Dans la majorité des cas, le jeu ne propose qu’une seule solution pour terminer une quête avec succès. On aurait alors pu se rabattre sur la gestion de la cohabitation avec le démon, mais j’ai eu le sentiment que tout se joue lors d’un seul passage avant de nous contraindre à suivre la voie choisie, sans retour en arrière. Une déception sur ce point, donc.

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Céder au démon va devenir de plus en plus visible

Les démons ne savent pas sauter

Bound by Flame marque un pas en avant dans le rendu graphique des jeux Spiders. La zone des marécages est vraiment jolie et on sent que les développeurs se sont fait plaisir sur certains monstres. Par contre, le jeu souffre toujours de cette sensation d’enfermement propre aux jeux en mode couloir. Il faut dire que l’on est une fois de plus devant un de ces jeux où le héros est incapable de passer au-dessus du moindre obstacle, ce qui transforme même en couloir les zones semi-ouvertes. Rendre les niveaux labyrinthiques accentue encore cette impression et j’ai fini par me sentir étouffé par le level design du dernier chapitre.

C’est d’autant plus dommage que c’est sur lui que va se terminer le jeu et qu’il est donc celui qui me reste en tête au moment où j’écris ces lignes. Je n’ai pourtant pas passé un mauvais moment sur Bound by Flame. Il montre une évolution intéressante de ce qui était proposé dans Mars : War Logs. Je ne peux donc qu’espérer que le suivant continue dans cette direction, en donnant peut-être plus d’importance aux dialogues.


6/10


J’ai aimé

  • La musique de l’écran d’accueil
  • La personnalisation de l’équipement
  • Plus de friendly fire (ceux qui ont joué à Mars comprendront)

Je n’ai pas aimé

  • La lenteur des combats
  • Univers et personnages déjà vus cent fois
  • Un level design étouffant
  • Les bugs qui traînent