Gunpoint, l’imper qui passe partout

Un journaliste pourrait-il faire un bon jeu ? Voilà la question à laquelle nous allons essayer de donner une réponse avec un jeu d’infiltration qui a eu une idée simple. Cette semaine, nous allons parler de Gunpoint, un jeu qui a en plus été développé par une seule personne.

Le jeu qui a mal choisi son titre

Gunpoint nous place dans le manteau de Richard Conway, un mix entre espion et détective privé qu’on dirait sorti d’un roman de Raymond Chandler. Alors qu’il teste son équipement « bullfrog » lui permettant de sauter à des hauteurs autrement inatteignables et de survivre à la chute, Conway est témoin d’un meurtre. En effaçant les traces de sa présence, Conway ne met-il pas en danger d’autres personnes tout en permettant à l’assassin de s’en tirer ? Tel est la question du scénario du jeu, sur fond d’espionnage industriel.

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Toutes les missions débutent de cette manière (et c’est pas top)

Tout part d’une bonne idée

Je le dis souvent, pour faire un bon jeu, il faut avant tout une bonne idée. Ce principe est illustré à merveille dans Gunpoint. Les objectifs des niveaux sont généralement simples : pirater un ou plusieurs ordinateurs dans des bâtiments en évitant des gardes. Après quelques niveaux servant à prendre en main Conway, le joueur gagne un outil qui va changer la manière d’aborder le jeu et le transformer en une sorte de puzzle-game. Le Crosslink (c’est son nom) permet en effet de pirater et de connecter entre eux des dispositifs électriques, même à distance.

Les possibilités offertes par ce gadget sont variées : permettre l’ouverture d’une porte de sécurité lorsqu’un garde appuie sur un interrupteur pour allumer les lumières, éteindre celles-ci lorsque un ascenseur arrive à l’étage ou, plus tard, provoquer les mêmes effets lorsqu’un garde utilise son arme. Toute la mécanique des niveaux sera basée sur la création des bonnes interactions pour débloquer des secteurs de mieux en mieux protégés, doté de réseaux électriques indépendants.

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Un niveau simple

L’instant anecdote (ou I.A.)

Tout n’est pas parfait dans Gunpoint, et le fait que le jeu ait été développé par une seule personne se ressent ici et là. Dans le comportement des gardes, par exemple. Ceux-ci ont un comportement que je qualifierai de binaire. Ils réagiront à une situation donnée de la même façon du début à la fin du jeu et vous tueront à vue sans se poser plus de questions. Ce qui donne parfois lieu à des situations ridicules, comme cette mission où je me suis fait abattre par un garde m’ayant vu d’une fenêtre du deuxième étage alors que je n’avais toujours pas bougé du point de départ, situé à l’extérieur du bâtiment.

Heureusement, l’extrême dangerosité des gardes n’est jamais frustrante grâce à un système de sauvegarde assez bien vu. En plus d’une sauvegarde manuelle que le joueur pourra utiliser comme bon lui semble, chaque mort de Conway vous propose de remonter le temps de quelques secondes, voir d’enchainer ces sauts de puce dans le temps pour retenter votre chance. On peut donc parler d’un test & retry plutôt que d’un die & retry.

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Le Crosslink en action. Notez la présence de réseaux secondaires en bleu et en vert.

L’heure de la réponse

Il est maintenant temps de répondre à la question par laquelle je débutais ce billet. Oui, Gunpoint est un bon jeu. Il n’est bien sûr pas exempt de défauts, comme une narration simpliste qui casse un peu le rythme du jeu et une durée de vie bien faible mais c’est aussi un jeu qui apporte une intelligente variation sur le thème de la furtivité. Ne pas être vu n’est pas la même chose qu’assommer tout le monde et le fait que vous puissiez avoir besoin de la participation involontaire des gardes pour progresser apporte au jeu une touche inhabituelle. Et pour ne rien gâcher, le jeu est compatible avec le Workshop de Steam.


7/10


J’ai aimé

  • La mécanique de jeu
  • La BO
  • L’humour des dialogues

Je n’ai pas aimé

  • Trop vite terminé
  • Le mode de narration
  • Manque de visibilité des objectifs secondaires

4 réflexions sur “Gunpoint, l’imper qui passe partout

  1. Pingback: La musique dans les jeux #2 | 60secondes

  2. Pingback: Ronin sabre dans le tas | 60secondes

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