Pid, l’enfant de lumière

Parfois un site décide de se faire un peu de pub en offrant la clé d’un jeu que tu ne connais pas spécialement. Parfois, le jeu confirme être le jeu bof que tu craignais mais parfois tu te retrouves avec un bonne surprise entre les mains. C’est plutôt le cas du jeu dont je vais vous parler cette fois. Cette semaine, on va parler de Pid.

Guide du voyageur galactique

Kurt est un garçon comme un autre. Il rentre de l’école en utilisant les transports en commun et est souvent victime des mouvements d’humeur du personnel. Mais là, sa navette intergalactique l’a largué sur une planète inconnue sur laquelle on semble attendre le prochain bus aussi longtemps que d’autres attendent Godot. Alors Kurt n’a d’autre choix que de traverser la planète pour tenter de trouver un moyen de rentrer chez lui. En lançant une révolution au passage.

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En attendant le bus

Beam, bam boum !

Pid se présente donc sous la forme d’un jeu de plateforme assez classique. Atteindre la sortie est l’objectif de base et les plus courageux pourront tenter de ramasser tout ce qui peut l’être dans les niveaux. Que ce soit les étoiles servant de monnaie pour acheter les quelques items de l’arsenal de Kurt ou les secrets généralement très bien planqués. Pourtant, Pid s’essaye aussi à l’originalité avec la mécanique au cœur de son gameplay. Très tôt, Kurt va récupérer un pouvoir lui permettant de lancer des boules de lumière qui auront plusieurs utilités en cours de partie. La principale permet de créer un faisceau d’anti-gravité qui repousse ce qui le traverse. Placez en un par terre et Kurt s’élèvera dans les airs, faites pareil sur une paroi et vous déplacerez votre personnage à l’horizontale. Mais Kurt n’est pas le seul à pouvoir être transporter par les faisceaux et il peut être particulièrement utile d’envoyer un ennemi qui vous barre le chemin prendre la voie des airs quelques instants.

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C’était trop tentant !

Principe simple, situations compliquées

Mais plutôt que de se contenter de décliner cette mécanique tout le long des niveaux, Pid parvient à se renouveler et à nous proposer toujours de nouvelles façons d’utiliser les faisceaux. Après quelques heures, le joueur se verra ainsi remettre une fronde qui révolutionnera la manière de placer nos petites boules de lumière et ouvrira la porte à de nouveaux genres de défis. On citera ainsi ce niveau plongé dans l’obscurité où vous devrez utiliser les faisceaux pour faire progresser l’unique source de lumière. Ou cet autre rempli d’ennemis attirés par la lumière qu’il vous faudra attirer ailleurs pour continuer. Evidemment, on y ajoutera quelques puzzles ainsi que quelques boss plus ou moins réussis, même si ceux de la deuxième moitié du jeu se résument un peu trop souvent à une course poursuite.

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Un boss. Si si, je vous assure.

Vous êtes mort. Encore.

Soyez prévenu, Pid est un jeu difficile dans lequel vous allez mourir souvent. Et ce ne sera pas toujours de votre faute. Car le plus gros problème du jeu, celui qui vous fera vous arracher les cheveux plusieurs fois par session se trouve du côté de la maniabilité de Kurt. Notre petit héros à casquette est effectivement du genre lourdaud dans ses déplacements. Les sauts manquent de cette sensation de précision que l’on attend d’un jeu aussi exigeant et le manque de fluidité dans l’enchaînement des actions va faire criser dans les passages où le timing sera très serré. Pire encore, cette impression de lourdeur sera encore accentuée dans les niveaux où Kurt devra transporter des objets. Devoir poser notre fardeau lorsqu’on désire lancer un faisceau est déjà pénible mais lorsque s’ajoute la tendance de l’objet à ne pas toujours tomber à nos pieds lorsqu’on se trouve sur des plateformes de taille réduite, le passage devient frustrant.

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Avancer, se retourner pour lancer un beam sur la colonne avant de tomber dans le trou. Facile.

Un saut de la foi !

Toujours du côté des frustrations, on ajoutera le système de sauvegarde. Comme souvent dans ce genre de jeu, les sauvegardes fonctionnent par checkpoint. Ce qui peut poser problème puisque rien ne prévient le joueur qu’il vient de franchir l’un de ces points de sauvegarde. Comme le level design du jeu est assez inspiré pour ne pas offrir que des niveaux en ligne droite, on se retrouve souvent à ne pas prendre le risque d’explorer un niveau après un passage délicat difficilement réussi. Cette tendance à la prudence est encore renforcée par une décision discutable en terme de gameplay qui ne permet pas à Kurt de regarder vers le bas lorsqu’il est coincé sur une plateforme sans savoir si le trou devant lui mène au vide ou à la liberté.

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Vous voyez où est la plateforme sur laquelle sauter ? Moi non plus.

Voyage musical

Ces petit problèmes sont d’autant plus regrettable que Pid est un jeu à la réalisation plutôt soignée. Visuellement d’abord, où le jeu soigne ses différents tableaux en multipliant les ambiances sans se répéter trop longtemps. Mais c’est surtout du côté de son ambiance sonore que Pid surprend. Loin d’être une musique passe-partout qui nous suivra de niveau en niveau, celle de Pid change régulièrement, s’adaptant à l’activité du niveau en cours jusqu’à être une partie du level design lorsque la seule façon de trouver la sortie d’un labyrinthe consiste à se laisser guider par la musique d’un saxophone. Le seul bémol musical sera finalement les musiques accompagnant les boss, notamment lors des phases de poursuite qui contribueront un peu trop à l’énervement que ressentira le joueur après une dizaine de morts.

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Je veux juste rentrer chez moi !

Et pourtant

Ne vous y trompez pas, malgré le portrait qui peut paraître mitigé que j’ai dressé de Pid dans ce billet, c’est un jeu que j’ai pris beaucoup de plaisir à parcourir. Un jeu qui m’aura énervé comme rarement un jeu l’avait fait depuis Super Meat Boy mais un jeu sur lequel le syndrome du « encore un essai » fonctionne parfaitement. Parce qu’on a toujours envie de découvrir ce qui se trouve un peu plus loin. C’est aussi ça, un bon jeu qui en plus à le bon goût d’être vendu à bas prix pour une durée de vie supérieure à la dizaine d’heures.


7/10


J’ai aimé

  • L’ambiance des niveaux
  • La bande son
  • Des situations qui se renouvellent régulièrement

Je n’ai pas aimé

  • La maniabilité
  • Ne pas pouvoir regarder vers le bas
  • Les deux derniers niveaux, l’enfer selon Pid.

3 réflexions sur “Pid, l’enfant de lumière

    • Je suis dans le même cas avec les Die & Retry et il n’y a vraiment que durant les quelques courses poursuites avec les boss que j’ai eu cette sensation du « faut faire ça au poil de cul sinon tu meurs ». Bon, j’ai vite abandonné l’idée de trouver les trucs cachés aussi, sinon je crois que j’en serais à plus de 348 morts 😀

      J'aime

      • Haha il n’y a que dans les Zelda que j’ai la patience de faire tous les trucs annexes, juste pour prolonger le plaisir… Le reste du temps quand j’ai fini l’histoire principale ça me suffit amplement 😉 Mais du coup tu m’as convaincue ! Hop, dans la wishlist steam 🙂

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