Inside, l’enfant sans visage

Nous avons tous des jeux dont nous ne comprenons pas la bonne réputation. Des jeux qui pour nous sont justes mauvais. Limbo est un de ces titres pour moi. Inutile de préciser donc que j’abordais le nouveau jeu de Playdead avec une certaine réticence. Cette semaine, on va donc parler d’Inside.

Running Boy

Un garçon court dans une forêt. Il tente d’échapper aux hommes qui le poursuive. Que lui veulent ces hommes, qui est ce garçon sans visage, dans quel monde sommes nous, autant de questions sans réponses. Car le nouveau jeu de Playdead nous lâche dans son univers sans nous donner la moindre explication. Il n’en donnera d’ailleurs jamais, préférant laisser le joueur se faire sa propre opinion au gré des observations qu’il fera en avançant dans le jeu. Disons juste que l’atmosphère du jeu ne transpire pas la joie de vivre. Ni la liberté de penser chère à Florent Pagny.

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Il est important de savoir quand courir et quand rester caché

Over the Limbo

Inside reprend les principes développés dans Limbo, soit un mélange de plateforme très simple et de réflexion pas bien ardue puisque seul deux boutons seront utilisés en jeu : un pour sauter et un pour agir avec le décor. Ce qui n’empêche pas le jeu de présenter une variété de situations satisfaisante, alternant passages calmes et séquences plus agitées demandant un peu plus de sens du timing. Pour les moins précis, le jeu fait une bonne utilisation des checkpoints, évitant de se retaper une trop longue séquence pour un saut mal effectué.

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Un exemple de passage où il est question de timing

Mais là où Inside se différencie vraiment de Limbo, c’est dans son approche de la mort du joueur. Si vous avez, comme moi, détesté le côté « Die and Retry » du précédent jeu de Playdead, soyez rassurés Inside est bien plus réussi. Sans se départir totalement de cette habitude de tuer sans avertissement le joueur, le jeu n’abuse plus des morts inévitables pour indiquer la présence d’un piège. Ces zones dangereuses sont plus visibles et souvent prévisibles, donc instinctivement évitables. Ce qui n’empêchera toutefois pas quelques morts bien violentes.

En rouge et noir

L’autre belle réussite du jeu concerne son visuel. Si les graphismes restent essentiellement dans les tons sombres, le jeu n’oublie pas quelques touches de couleurs. Celles-ci sont souvent des indications pour le joueur, comme les fils jaunes qui mènent aux secrets du jeu. Ou encore les touches de rouge indiquant des objets avec lesquels interagir. Dans le même ordre d’idée, la gestion des éclairages est également très soignée. L’animation de notre ami en rouge n’est pas en reste tant elle semble naturelle. Que ce soit les coup d’œil qu’il lance derrière lui lors d’une poursuite ou les plus anodins regards vers des éléments du décor, tout semble particulièrement soigné. Tout cela contribue à immerger le joueur dans l’ambiance du jeu.

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Dites moi que ce n’est pas soigné visuellement

Gloire à l’overhype ?

Pourtant je ne peux pas m’empêcher d’être surpris par l’accueil dithyrambique reçu par le jeu. Pas qu’Inside soit mauvais, loin de là. C’est une oeuvre soignée artistiquement, aucun doute là-dessus. Mais en terme de jeu, c’est une réalisation très courte (comptez 4-5 heures pour le finir à 100%, fil alternative comprise), pauvre en mécaniques nouvelles et surtout beaucoup trop facile. Mais mon plus gros problème vient de sa narration. Je l’ai dit au début, le jeu ne donnera aucune explication à son histoire. Chaque joueur la comprend comme bon lui semble (une métaphore de la naissance d’une vie, sérieusement ?), au point que j’ai fini par trouver le jeu inutilement abscons dans sa fin principale. La fin alternative par contre fait un clin d’œil intelligent au joueur et à son rapport au jeu. Dommage qu’il faille avoir fini le jeu une première fois pour y avoir accès. Suffisant pour justifier ses presque 20 balles de prix de départ ? A vous de voir.


7 / 10


J’ai aimé

  • Artistiquement très réussi
  • La fin alternative

Je n’ai pas aimé

  • Pas l’ombre d’une difficulté
  • La fin normale

Une réflexion sur “Inside, l’enfant sans visage

  1. Pingback: Black The Fall ou Inside au pays des soviets | 60secondes

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