Game of Thrones, plus glace que feu

Ce n’est pas un secret, les adaptations de films ou séries en jeux vidéo ont rarement donnés de bons résultats. Parfois, certains s’obstinent même à multiplier les genres de jeux. Prenez A Game of Thrones par exemple. On l’aura vu adapté en jeu de stratégie ou encore en jeu d’aventure sous la formule Telltale. Entre les deux, on aura également eu droit à un RPG développé par Cyanide. Un jeu qui a même droit à des évaluations positives sur Steam. Cette semaine, c’est de ce Game of Thrones version RPG dont je vais vous parler.

Où on va parler histoire

En termes de construction scénaristiques, Game of Thrones le jeu ne renie pas l’oeuvre dont il s’inspire. Comme dans les romans, chaque chapitre du jeu nous fera alterner entre les histoires des deux personnages. D’un côté, nous trouverons Mors Westford, un membre de la Garde de la Nuit qui après une petite intro qui nous rappellera que nous ne sommes pas chez les bisounours devra rendre un petit service à Jon Aryn, la Main du Roi et trouver et protéger une mystérieuse jeune femme. De l’autre, Alester Sarwyck, un prêtre rouge qui rentre au pays pour les funérailles de son noble de père et qui va tenter tant bien que mal de redorer le blason familial. Les deux histoires vont bien entendus finir par se croiser et personne ne sort indemne du jeu du trône qui se joue dans les hautes sphères de Westeros.

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Le Trone de Fer version Cyanide. Ca annonce la couleur.

Où on va parler feuille de personnage

Personnages imposés oblige, on aurait pu craindre le pire pour la personnalisation de nos héros. GoT ne s’en tire pourtant pas si mal. Évidement, n’espérez pas refaire le look des protagonistes. Mors aura une sale gueule qui a vu bien des combats, Alester aura perdu son rasoir au coin du feu. Rien d’original non plus dans les compétences de combats, la série n’est pas connue pour offrir autre chose que du combat martial.

Pourtant, Cyanide a offert à ses deux personnages une petit spécificité. Mors a ainsi un chien qu’il pourra contrôler à sa guise. Alester lui recevra les pouvoirs liés au feu qui lui vienne de son statut de prêtre rouge. Autre bonne idée pour rendre la création du personnage un peu moins plate : chaque personnage peut choisir des traits, bons ou mauvais, dont le « poids » devra s’équilibrer. Vous en gagnerez d’autres gratuitement en cours de partie, suivant vos actions pendant le scénario du jeu.

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Les traits, de départs avec les points de couleur, et gagnés en cours de partie sans points

Où on va parler gameplay

Là où tout se complique sérieusement, c’est lorsqu’on aborde le gameplay du jeu. Les combats se déroulent en temps réel, avec une possibilité d’utiliser un pause qui va ralentir le temps pour enchaîner des instructions pour votre personnage, dans la limite d’une barre d’énergie qui se vide bien trop vite. Malheureusement, dès que le combat impliquera plus de deux ennemis, le système de ciblage va commencer à faire des siennes. Il ne sera ainsi pas rare de voir votre personnage choisir de lui-même d’aller s’occuper d’une cible à l’autre bout de la pièce alors que vous étiez concentré sur l’archer distant. Quand vous parvenez à le convaincre d’aller s’occuper de l’archer, bien sûr.

C’est un problème malheureusement classique chez les jeux à budgets réduits, mais ce n’est que le sommet de l’iceberg de l’ennui des combats du jeu. Je l’ai dit, le jeu se base sur une barre d’énergie pour chaque coups spéciaux. Dont les coûts sont bien trop élevés. Ainsi, une simple combinaison de compétences d’un personnage suffira à laisser la barre pratiquement vide. Ce qui condamnera le joueur à se contenter de l’attaque automatique le temps que ça se recharge. Ce qui donne au final une sensation de mollesse dont les combats ont bien du mal à se départir.

Pourtant, il y a aussi des bonnes idées dans le jeu. L’habilité de Mors de prendre le contrôle de son chien en est une. Il est ainsi possible dans certaines portions du jeu d’utiliser le chien comme éclaireur, pour suivre l’odeur d’une cible précise. Ce qui donne une sorte de gameplay d’infiltration où le chien doit éviter les champs de détection des gardes et peut éliminer discrètement les plus isolés. Ces passages sont presque plus réussis que les passages de combats classiques.

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La furtivité avec le chien de Mors. Presque le seul moment fun des combats.

Conclusion

Au moment de conclure l’aventure, une simple phrase résume bien l’impression que le joueur aura sur le jeu. Cette production aurait fait un excellent tome des romans mais ne donne qu’un jeu vidéo très moyen. D’abord parce que le jeu est techniquement très moyen. Le jeu tente de compenser en proposant des lieux véritablement labyrinthiques, pénibles à parcourir à chaque quêtes secondaires. La faute à une carte qui a la grande idée d’afficher chaque porte de la zone. Ce qui est déjà ridicule en intérieur, où on se serait bien contenté des portes permettant de changer d’étages, devient absurde en extérieur où les marqueurs ne vous indiquent pas où mènent les portes. Nul autres choix que de vous rendre sur place pour le savoir. On vous laisse imaginer le plaisir lorsqu’un PNJ vous fixe rendez-vous « chez le potier ».

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Le bordel. Et pas seulement au sens propre.

Ensuite, parce que le jeu souffre d’un problème qui me bloquait déjà avec les romans. Le choix de sa narration alternée peut devenir un poids lorsque vous n’accrochez pas à l’un des personnages et que vous n’avez pourtant pas d’autres choix que de continuer ces chapitres que vous voudriez finir au plus vite. C’est particulièrement gênant avec Alester, dont l’intrigue manque un peu de la simplicité de celle de Mors. Et comme il faudra pas loin de dix chapitres (sur 15) pour voir les deux personnages réunis…

Au final, le jeu est certes fidèle à l’univers, dans ses choix qui vous retomberont sur la gueule bien des chapitres plus tard. Mais il montre également que le projet était probablement trop ambitieux pour Cyanide. Trop de petits détails viennent nuire à l’expérience de jeu. J’avais ainsi à la fois envie de connaître la fin d’Alester mais pas la volonté de me refarcir 2 heures de jeu pour voir en quoi elle différait de celle de Mors. Au point que je ne le conseillerais qu’aux fans les plus hardcore de la saga, qui peuvent rajouter un point à la note.


4 / 10


J’ai aimé

  • Une histoire très fidèle aux romans
  • Des choix et des conséquences à long termes
  • Égorger les gardes avec le chien de Mors

Je n’ai pas aimé

  • Un système de combat mal foutu
  • Les labyrinthes des villes combinés à une carte inutile
  • Techniquement très dépassé

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