Vous l’avez probablement remarqué, il est rare que je parle de FPS sur le blog. Comme je le disais à Oszmoz qui tentait de me lancer sur Overwatch, un FPS ne m’intéresse plus que s’il apporte de la narration à côté de son classique défouloir. Ces dernières années m’ont donc vu rater un certain nombre de bons jeux de tir. Cette semaine, on va rattraper le temps perdu en tuant du nazis. Cette semaine, on va donc parler de Wolfenstein : The New Order.

Je déteste parler de FPS sur le blog. C’est typiquement le genre de jeu sur lequel je retombe encore plus que d’habitude sur les travers du test que j’aimerais tant éviter plus souvent. Pourtant, alors que Wolfenstein : The New Order s’est fait démolir par une partie de la critique pro, j’ai passé un très bon moment sur le jeu. Et je vais essayer de vous expliquer pourquoi.

Réalité alternative

Le jeu commence pourtant très mal. 1946, assaut aérien sur une forteresse allemande dans un esprit très Call of Duty. Comprendre très scripté avec un enchaînement d’action réduisant les temps morts. Heureusement, il ne s’agit là que d’un prologue et lorsqu’on se réveille 14 ans plus tard, tout à changer. D’abord, les nazis ont gagnés la guerre et la technologie a fait un bond en avant. Las, on ne ressent que très peu cette uchronie. On visite de nombreux lieux mais le plus souvent en intérieur. Londres sous occupation nazie ne restera qu’une lointaine image.

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Voyons Dr House, je suis un héros de jeu vidéo moi !

Pourtant, là où le jeu fonctionne, c’est dans la mise en place de son action. Wolfenstein offre au joueur certains passages misant sur la discrétion. La faute à des officiers capables de déclencher des alarmes et avec elles des flots d’ennemis. On se prend donc au jeu de se glisser dans le dos des gardes pour les éliminer d’un discret coup de poignard avant de mettre un headshot à ce gêneur d’officier. Mais aussi parce que le contexte s’y prête. On infiltre pas une prison nazie ou un camp de prisonniers à l’arme lourde. Bon par contre, je trouve un peu ridicule qu’on envoie Blazkowicz attaquer un centre de recherche très bien protégé avec juste le pistolet de base et deux chargeurs. Un peu de logique, que diable.

Retour critique

Maintenant il me faut être honnête, si j’ai aimé ces passages, ils sont largement perfectibles. Le jeu abuse en effet des placements favorisant ces éliminations furtives mais surtout a visiblement oublié de pourvoir les gardes d’une audition. Y compris pour les chiens améliorés, trop faciles à surprendre dans le dos. Ce qui permet d’alterner agréablement entre l’action bourrine et les séquences plus réfléchies. Parce que le jeu laisse bien sûr de la place à une absence totale de subtilité. Surtout dans les derniers niveaux où on jongle entre les armes traditionnelles et les armes à énergie pour supprimer tout ce qui parle allemand. Quand on n’y va pas carrément à la gatling laser récupérée sur le super soldat qu’on vient juste de démolir.

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Un exemple de stéréotype de Nazis.

Le plus étrange dans tout ça, c’est qu’au milieu de la boucherie que l’on peut provoquer, Wolfenstein tente une romance improbable entre son héros et la jeune infirmière qui l’a soigné. L’histoire d’Anya, racontée sous le couvert du journal de Ramona m’a souvent fait frémir. Je regrette d’ailleurs un peu que les interludes entre les missions ne soient plus concentrées à donner de la profondeur à cette relation. Ce qu’avait par exemple très bien réussi Bioshock Infinite un an plus tôt. C’est d’autant plus dommage qu’après avoir traversé toutes ces horreurs, le jeu te surprend émotionnellement par son générique final.

Conclusion

J’ai vraiment passé un excellent moment sur ce Wolfenstein : The New Order. Bien meilleur que ce que certaines critiques laissaient penser. Pour quelqu’un qui comme moi n’en a cure du grand spectacle hollywoodiens des FPS qui sortent en fin d’année et qui veut juste un bon solo, Wolfenstein est bon jeu qui fait exactement ce que j’attendais de lui. C’est déjà pas mal.


/ 10


J’ai aimé

  • Un FPS plaisant, à mi chemin entre le défouloir brutal et l’action réfléchie
  • Entendre le héros commenter « c’est une façon idiote de mourir » après une chute mal maitrisée
  • La superbe chanson qui accompagne le générique de fin

Je n’ai pas aimé

  • Des interludes entre les missions qui auraient pu être mieux utilisés
  • Certaines textures immondes de près
  • Une roue de changement d’armes pas rapide du tout