Mad Max, pas fou de Max

Pendant longtemps, sortir un jeu vidéo pour accompagner la sortie d’un film était synonyme d’un jeu d’une qualité douteuse. Warner a pourtant essayé de mettre toutes les chances de son côté. Une collaboration avec le réalisateur du film d’abord. Un studio capable de créer des open worlds funs ensuite. Et quelques emprunts aux séries phares de l’éditeur pour finir. Malheureusement, tout ça va nous faire traverser un désert de sel. Cette semaine, on va donc parler du jeu Mad Max.

Fury Road

En confiant le bébé à Avalanche Studios, studio surtout connu pour la série Just Cause, Warner espérait sans doute un jeu sans prise de tête. Dans lequel on pouvait s’attendre à de l’open world et à des explosions. Et c’est exactement ce que vous allez avoir. Reprenons au début. Le jeu nous place dans la peau de Max qui vient d’être laissé pour mort dans le désert après s’être fait voler sa voiture. Avec l’aide d’un énergumène plus vraiment sain d’esprit mais doué en mécanique, Max va tenter de reconstruire un véhicule pour continuer sa route.

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C’est comme ça que tout a commencé

Batman de la route

Côté gameplay, le jeu fait énormément penser à un jeu Batman Arkham. Y compris dans ses défauts. Max passe donc son temps en voiture, passant d’un campement à l’autre. Une fois les défenses de ceux-ci affaiblies, Max sort de son bolide et entame la partie baston du jeu. Et le début des problèmes. Car Max n’est pas Batou. Pour peu que vous soyez un habitué des jeux de Rocksteady, les contrôles vous seront familiers. X pour attaquer, Y pour bloquer et… c’est tout. Contrairement à Batman, Max manque cruellement de variété en combat. Avalanche a semble-t-il préféré mettre l’accent sur les finishers que sur les mouvements de combats plus basiques. Jusqu’à rendre ces phases de combat assez monotones.

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D’autant plus monotones que le jeu a certains défauts qui se révèlent vite irritants. Comme son système d’actions contextuelles. Ramasser le moindre truc va prendre des plombes. Prenez l’ouverture d’un coffre fermé par exemple. Vous devrez d’abord maintenir le bouton A pour enclencher l’action. Puis marteler le même bouton A pour forcer le coffre. Avant de devoir maintenir de nouveau le bouton A pour récupérer le contenu. Et on retrouve le même genre de situation dans les mouvements de Max, où il faudra garder appuyer le bouton pour effectuer une action. Tout donne l’impression de manquer de fluidité, et ce n’est que le sommet visible de l’iceberg.

Le fléau des mondes ouverts

Car Mad Max cristallise tout ce que je déteste dans les mondes ouverts. C’est un monde gigantesque certes, mais rempli de tâches répétitives. On se lasse très vite de fouiller les décharges pour trouver une petite quantité de ferraille. On se lasse encore plus vite de faire un détour pour détruire ces épouvantails marquant l’influence de Scrotus dans la région. Et je ne parle même pas du déminage des champs de mine, qui demande carrément un véhicule spécial. Même rouler a fini par me taper sur les nerfs tant on est agressé par des véhicules de gang à tout bout de champ. Mais le vrai problème, c’est qu’Avalanche n’hésite pas à bloquer la progression du joueur dans l’histoire principale pour l’obliger à effectuer ces tâches secondaires.

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Ubisoft avait ses tours, Mad Max a des montgolfières. Mais le résultat est le même.

Ici, ce sera l’indice de danger de la zone qu’il faudra faire diminuer pour continuer. Là, un véhicule bien spécifique dont les pièces auront également des pré-requis secondaires. Si le jeu avait intégré un système de survie, obligeant Max à chercher eau, bouffe et essence, ces phases auraient pu être mieux intégrées. Ou au moins la progression d’une zone à l’autre plus naturelle. Hélas, le jeu cède aux sirènes d’un système d’évolution, ici à base de jetons. Chacun d’entre-eux, dépensé chez le chaman local, accorde à Max des passifs permanents. Comme une diminution de la consommation au volant. Ou une augmentation de l’eau trouvée par Max. Ou encore plus de munitions. Du coup, on se retrouve rarement à sec et l’aspect survie des terres désolées passe à la trappe.

Sublime et Silence

Tout cela est d’autant plus regrettable que parcourir les terres du jeu est loin d’être déplaisant pour les yeux. La Skybox est l’une des plus belles qu’il m’ait été donnée de voir dans un jeu, par exemple. Et que dire des tempêtes, de sable ou électrique, qui sont magnifiquement représentée. Certaines quêtes nous envoient dans des lieux possédant une véritable ambiance, comme l’aéroport sous les dunes de sable. Tout ça montre que le potentiel du jeu était présent, du moins sur le plan artistique. Sur le plan du fun par contre, on est loin du compte. Le jeu n’a pas l’excuse du délire dont se pare des Saints Row ou des Just Cause pour faire passer la pilule. Le jeu est juste chiant comme la pluie lorsqu’il est joué à forte dose.

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Ca avait l’air prometteur pourtant…

Conclusion

À l’heure où Shadow of War fait débat sur son grind abrégé par micro-transactions, je ne peux m’empêcher de noter que Mad Max souffre d’un symptôme précurseur. A trop vouloir étirer le jeu pour lui donner une bonne durée de vie, Avalanche l’a en fait rendu rébarbatif. On s’amuse certes quelques heures avant de trouver ça lassant. Je n’ai personnellement pas pu le finir, le jeu finissant par exploser mon seuil de tolérance. Ce ne sont pas ses beaux nuages ou ses décors qui effaceront cette affreuse sensation que le jeu fait tout pour me ralentir. Dommage.


 5 / 10


J’ai aimé

  • Magnifique skybox et tempètes
  • Quelques lieux ont des ambiances réussies
  • Quelques personnages bien barrés

Je n’ai pas aimé

  • Système de combat tellement basique qu’il en est chiant
  • Monde ouvert qui sonne creux
  • Pour une fois, on aurait aimé un mode Survie…

2 réflexions sur “Mad Max, pas fou de Max

  1. Mon copain l’a fait. Car il a beaucoup aimé le jeu. Et j’ai souvenir que c’était très beau. Mais très chiant. Perso’ je fais jamais des jeu tiré de films j’ai toujours peur d’être très déçue. J’ai voulu tenté avec Shadow of Mordor plus jamais ça.
    Comme d’hab’ très bon article. Je t’attends toujours sur DOS2 tu sais.

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai du passer 5 ou 6h dessus, avant de me décider à foncer en ligne droite pour vite le terminer tant c’était chiant et… Découvrir qu’il est impossible de le faire en ligne droite. Non, ce « monde ouvert » nous oblige à faire les activités secondaires (secondaires tant dans leur essence que leur qualité) pour pouvoir débloquer la suite de l’histoire. Une aberration.
    Du coup je te rejoins sur tous les points. Quel échec quand même, il aurait fallu à la limite sortir un mode « free roam » où on pourrait se balader tranquillement sur cette superbe map sans se faire agresser toutes les vingt secondes.

    Aimé par 1 personne

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